Bio Golfe fête ses 25 ans de fidélité au bio

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En 2012, Jean-René Doré, adhérent, a pris la direction de la coopérative ; Monique Tondreau, la présidence bénévole du conseil d’administration. Estelle Bernard-Gazeau, stagiaire chargée de la communication.

Avec trois boutiques désormais, la coopérative a réussi le pari de sortir l’alimentaire bio de l’élitisme et du confinement militant sans trahir l’esprit des origines. Ça méritait une fête.

Il y a 25 ans, les 70 familles vannetaises, à l’origine du premier groupement d’achat de produits alimentaires bio, décidaient d’ouvrir aux non-adhérents leur première boutique, impasse d’Argouges.

Le magasin ne s’appelait pas encore Bio Golfe, mais c’était le premier virage vers une consommation « moins élitiste, dans un marché encore marginal et très militant », analyse Jean-René Doré, directeur de Bio Golfe. Un acte fondateur que l’enseigne vannetaise fête toute cette semaine.

Le militantisme des débuts a fait place à une belle aventure économique dans la fidélité aux principes initiaux, rappelle Monique Tondreau, présidente bénévole du conseil d’administration de la coopérative : démocratiser le bio, ne pas transiger avec l’éthique, ne pas trahir l’esprit d’une économie sociale et solidaire.

Trois boutiques, 1 400 m2 de vente

Le résultat de ces engagements a aujourd’hui pignon sur rue dans trois boutiques stratégiquement situées à l’est, l’ouest et au coeur de Vannes : la plus ancienne, Theix, le siège (400 m2), Luscanen, ouverte en 2006 sur 700 m2 et le magasin de proximité de l’avenue du 4-Août (300 m2).

« On y commercialise 10 000 produits, alimentaires pour l’essentiel, tous validés par une commission d’adhérents qui travaillent sur le référencement », appuie Jean-René Doré. L’objectif de Bio Golfe – permettre à ses clients de cuisiner des produits bio sans avoir à s’approvisionner ailleurs – est aujourd’hui atteint.

Les exceptions qui confirment cette règle le sont pour des raisons éthiques et de respect de la charte. « Nous n’avons pas de tomates par exemple. Elles viendraient de trop loin. On préfère s’en passer et l’expliquer à nos adhérents. Pour nous, consommer bio, c’est consommer local et respecter la saisonnalité des produits. »

C’est à ce prix que le bio n’est plus une affaire d’élite financière. Jean-René Doré en fait un argument. « On taxe souvent le bio d’être cher. Il ne l’est plus si on cuisine. Et si on cuisine de saison. »

30 € pour devenir adhérent

Pour Bio Golfe, « manger bio, c’est aussi réfléchir à son alimentation et porter un regard différent sur ses achats. Même la grande distribution s’est mise à en parler. Elle légitime un discours que nous tenons depuis toujours, sauf que notre traçabilité et notre exigence sont encore plus grandes ».

Le discours militant des débuts a fait place à une appropriation par des consommateurs plus nombreux des valeurs du bio, estime aujourd’hui Biogolfe. « C’est toujours un marché émergent, mais il est en pleine croissance. Nous gagnons 50 nouveaux adhérents par mois, nous en comptons 12 000 autour de Vannes. »

Moyennant une part sociale de 30 € – « notre seul capital », rappelle Monique Tondreau – ces personnes ou foyers bénéficient de 4 % de remise sur leurs achats. Ils représentent 80 % des clients contre 20 % de non-adhérents. Mais ils sont très fidèles et s’impliquent dans le fonctionnement de la boutique.

Quand en 2012, la coopérative a dû faire face à des difficultés (lire ci-dessous), 2 000 d’entre eux ont répondu à un questionnaire sur l’orientation et l’avenir qu’ils voulaient pour Biogolfe. Des magasins pas tout fait comme les autres en effet.

Ce vendredi après-midi et samedi, Vélomotive propose de graver les vélos pour lutter contre les vols ; samedi, atelier de création d’instrument de musique avec des légumes ; 19 h : soirée festive autour d’un repas élaboré par l’équipe du restaurant à Luscanen. Scène ouverte et concert de Gordon Mc Arthur. (www.biogolfe.org)

Denis RIOU – Source : Ouest-France du 16 mai