VAN_1405141524.jpgLa coopérative Bio Golfe fête ses 25 ans. Marie-Laure Cochen, qui assure aujourd’hui des remplacements en magasin, faisait partie des pionniers-bénévoles. Elle raconte cette « belle aventure », née le 4 avril 1989.

Peut-être existe-t-il des photos de la naissance de Bio Golfe ? Elles n’ont pas été retrouvées. « Bio Golfe était un magasin coopératif et, à ce titre, n’avait pas le droit de faire de publicité », raconte Marie-Laure Cochen. Pas de traces, donc, dans la presse de l’époque. Mais, le bouche-à-oreille a largement suffi à son envol. « Quand ça doit marcher, ça marche ! », sourit la bénévole de la première heure. « Le local que nous avions trouvé était pourtant dans une impasse, l’impasse François-d’Argouges. On ne pouvait y garer que trois ou quatre voitures… Et on devait sortir en marche arrière pour ne pas gêner les pompes funèbres ! » Mais qu’importent les vicissitudes : l’ouverture du magasin le 4 avril 1989 était déjà le fruit d’une aventure collective et militante. Dans le sillage de l’après Plogoff, l’idée de l’écologie s’était enracinée en Bretagne. Aux élections municipales de 1983, Vannes Alternative, dans cette mouvance, a d’ailleurs un élu : Jean-Pierre Mousset. « Mais nous étions en général considérés comme des barjots, voire des sectaires », se souvient Marie-Laure Cochen. Dans le groupe, une bénévole tentait de récupérer du papier usager pour le recycler… et se faisait souvent rire au nez. Mais le groupe a un local à la maison des associations et réunit rapidement quelque 70 familles. Au milieu des années 1980, il devient groupe d’achat de produits biologiques, puis se structure en association en 1987. Les idées avancent. Certains bénévoles participent d’ailleurs au niveau départemental à la commission mixte agriculteurs-consommateurs qui donnera naissance en 1985 au label AB national. 

Du sens

« Certains de nous étaient là par souhait de manger des produits d’une meilleure qualité, de préserver leur santé. Nous, à 25 ans, nous étions parmi les plus jeunes, très militants, contre le gaspillage, la surconsommation. Nous voulions changer le monde, respecter la Terre, permettre d’en vivre… Il y avait une énergie, un élan, le sentiment d’oeuvrer pour quelque chose qui avait du sens ». Et d’autres poussent dans la même direction. Les paysans qui refusent d’augmenter leur production laitière pour entrer dans la politique des quotas. Mais aussi une poignée de Vannetais qui, à Cliscouët, créent le lotissement autogéré Héolia. Les maisons mitoyennes, en terre crue extraite sur place, sont déjà bioclimatiques… plus de 30 ans avant le BBC. Quand le magasin de la coop se concrétise à Vannes, « Scarabée » à Rennes a ouvert la voie et offre ses conseils. « Les bénévoles avaient réalisé ensemble les travaux du magasin, mais nous ne savions pas du tout où nous allions. C’était une épopée… Et nous avons été pratiquement débordés. Dès le deuxième mois, il a fallu embaucher une seconde salariée et, au bout de six mois, nous avions déjà 370 adhérents ». Depuis, l’aventure a continué. Avec les hauts et les bas inhérents à la vie associative, aux compétences et aux travers de chacun. « Nous sommes passés plusieurs fois à deux doigts de la fermeture. La vie de la coop a souvent été chaotique, mais c’est une aventure très forte. Et d’ailleurs, elle est toujours là, car elle a sa place dans la société ».

Une PME pas comme les autres

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Le Télégramme

Des comptes dans le vert, un chiffre d’affaires de 7,2 millions d’euros en croissance, une cinquantaine de salariés pour 42 équivalents temps plein, un 12.000e adhérent depuis le mois dernier… Après trois années de turbulences, Bio Golfe peut recommencer à sourire. « Nous sommes une coopérative de consommateurs, au service de nos adhérents. Nous avons donc commencé par leur demander ce qu’ils attendaient de nous… Et nous sommes revenus à notre ADN », explique Jean-René Doré, directeur. « Nous sommes un acteur de l’économie sociale et solidaire », poursuit Monique Toudreau, présidente. « Nous impliquons donc nos adhérents, mais aussi nos salariés ». Les uns ont bénéficié de formations. Les autres ont créé une commission « vie coopérative » et « produits ». Ce qui a permis de resserrer le rayon fruits et légumes sur les produits locaux et de saison, mais aussi lancer des conférences, des ateliers, des visites chez les producteurs. « Nous essayons de reconstruire un lien avec nos consom-acteurs », souligne Jean-René Doré.

Fête et projets

Aujourd’hui à la tête de trois magasins (Theix, Ménimur et Luscanen) et d’un restaurant (Kinoa à Luscanen), la coop ne veut pas grandir pour grandir. « La priorité de l’année est de remettre à niveau les magasins ». La bouffée d’oxygène a permis de changer les enseignes, de faire des travaux à Theix, de renouveler l’informatique… « Dans notre capital, il y a les adhérents et rien que les adhérents. Nous les avons donc à nouveau sollicités pour savoir quels services, ils souhaiteraient que nous développions à moyen terme. Les déplacements étant parfois difficiles pour certains, nous réfléchissons par exemple à de la livraison à domicile ». Mais pour les adhérents, le bio n’est pas austère. Ils avaient aussi envie de faire la fête pour marquer le quart de siècle de leur coop. Un esprit de kermesse souffle donc sur les magasins et notamment à Luscanen jusqu’à samedi. Une fête pour tous, de l’adhérent nº1, Maurice Onno de Surzur, aux 50 nouveaux qui rejoignent la structure chaque mois.

 

Source : Le Télégramme, / Catherine Lozac’h.

Johan Bio Golfe

Je travaille à Bio Golfe Theix depuis 10 ans. Curieux de l’écologie et de consommer autrement. J’aime vous faire partager des infos sur les producteurs locaux, les coulisses de Bio Golfe et les trucs et astuces écolos. Au plaisir de vous retrouver en magasin.
Johan